Une des faiblesses majeures de nos sociétés réside dans l’absence de projets fédérateurs.



Cette absence, qui se conjugue toujours au pluriel est pourtant parfaitement identifiée par tous les acteurs économiques ou politiques, ce sont les conflits d’intérêts.
C’est sur ces conflits d’intérêts qui traversent l’ensemble de nos activités professionnelles, nos activités domestiques et même nos heures de loisirs, lorsque tour à tour nous consommons ou nous produisons, nous dirigeons ou nous exécutons, nous dépensons ou nous épargnons pour investir, mais, toujours dans un rapport antagonique et sans articulation avec nos semblables, que le projet Breizh-Coin ambitionne de se développer.
Nouveau paradigme marketing et fédérateur pour financer les projets innovants créateurs d’emplois en Bretagne , basé sur le principe de la gratification différée- récompense investie et non dépensée-, il va répartir pour la première fois dans notre histoire l’effort et sa récompense entre tous les secteurs d’activité et les partenaires du projet.
Comme tout le monde le sait, battre monnaie est un privilège strictement régalien, alors qu’a contrario frapper des Breizh-Coin sera l’affaire de toutes celles et de tous ceux, qui, en Bretagne veulent peser au quotidien sur les choix économiques à promouvoir pour l’avenir du territoire.
Cependant Breizh-Coin ne sera pas une nouvelle monnaie locale à périmètre de circulation plus étendu que les autres.
Forme alternative d’utilisation de l’épargne, la monnaie locale n’est que la contrepartie d’un dépôt en monnaie légale en un dépôt en monnaie locale. Elle ne créée pas de richesse supplémentaire que les partenaires pourraient investir sur leur territoire en récompense de son utilisation.
Bien que l’ambition territoriale affichée du projet Breizh-Coin soit régionale, ce n’est pas cette différence d’échelle qui le démarque fondamentalement des monnaies locales, mais son substrat de création monétaire permanente à travers un nouvel outil marketing ; la Troncature-Marketing.

Quis custodiet ipsos custodes ?



Qui va garder les gardiens ? Cette problématique inhérente à tout projet qui concentre pouvoir et argent ainsi que répartitions transparentes de ceux-ci sera le carburant du projet Breizh-Coin puisque celui-ci -pour mémoire- va se construire sur les conflits d’intérêts.
Si nous avons évoqué plus haut ces différents conflits d’intérêts notamment entre producteurs, industriels et enseignes de distribution à propos des produits de grande consommation, chacun sait déjà que le commerce local et la grande distribution ne se tiennent pas spontanément par les petits doigts lors d’un An-Dro, et que des conflits d’intérêts liés à la géographie ne peuvent pas non plus être mis sous le tapis.
Aussi chaque département aura 7 représentants :
• Entreprises de production et de services,
• Enseignes de distribution
• Commerce local
• Indépendants
• CCI, Pôles de compétitivité, technopoles.
• Associations, clubs, communes,
• Citoyens
Soit un ensemble élu de 35 personnes pour :
• Valider les projets innovants retenus par la structure Breizh-Coin.
• Certifier le bon fonctionnement de la plateforme et de la collecte des fonds.
• Certifier l’attribution et le bon usage des fonds pour les projets innovants.
• Etre les ambassadeurs du projet dans leur département.

Ces 35 personnes, interface entre la structure Breizh-Coin et les partenaires du projet (dont ils sont aussi partie prenante) seront élues par leurs pairs.

 

Breizh-Coin n’est pas une cryptomonnaie bretonne.



A l’inverse des cryptomonnaies que certains appellent abusivement crypto-actifs, alors qu’elles ne reposent sur rien de tangible et sont à visée spéculative plus que d’investissement (tout comme les placements financiers ésotériques du système bancaire qui ont provoqué la crise économique de 2008), Breizh-Coin n’entend pas se substituer aux monnaies-fiat sur le territoire breton , mais ambitionne de restituer un peu de souveraineté et de pouvoir de décision au quotidien -ce que de nombreux citoyens et acteurs économiques réclament désormais pour leur environnement immédiat- en allant au-delà « des participations citoyennes » initiées verticalement, dans lesquelles , les niveaux de pouvoir, de décisions et de gestion de projet sont bien souvent déséquilibrés par une vision court-termiste de leurs initiateurs.

Ce court-termisme dénoncé tout autant par des philosophes comme Bernard Stiegler ou des milliardaires comme Warren Buffet ainsi que par des dirigeants d’entreprises qui ne veulent plus complaire à l’humeur des analystes les obligeant à prendre des décisions erratiques pénalisant l’embauche et l’investissement pour afficher des résultats trimestriels conformes « aux attentes du marché », ce court-termisme n’est pas seulement un ennemi de l’économie réelle, mais devenu l’unique compas d’alignement pour les décideurs , et s’étant apparié aux conflits d’intérêts cités précédemment, précipite irrémédiablement notre civilisation vers son effondrement.
Alors…